De la réservation d’un hôtel via les OTA aux algorithmes pour offrir des séjours ultra-personnalisés, il ne vous a pas échappé que les nouvelles technologies ont sensiblement modifié notre rapport au voyage. Et ça ne s’arrête pas là ! En décembre dernier, la société de services immobiliers et de consulting dans l'hôtellerie Colliers International a publié un rapport baptisé Tourism Technology Trend, dans lequel elle passe en revue les différentes technologies qui devraient redéfinir à nouveau le secteur du tourisme dans les années à venir. De cette liste, nous avons sélectionné celles qui nous semblaient les plus pertinentes pour vous les décrypter.

Les tendances technos du tourisme

Les bagages connectés

Quoi de plus énervant et stressant que de ne pas trouver ses bagages à son arrivée à l’aéroport ? Il y a un an, la compagnie aérienne Air France – KLM lançait deux dispositifs connectés (réservés aux abonnés de son programme de fidélisation) pour remédier à ce problème : l’eTag et l’eTrack. Le premier se présente comme une étiquette électronique – à accrocher à votre valise – affichant vos informations de vol dès votre enregistrement sur votre espace client. L’avantage ? Plus besoin d’attendre à l’aéroport pour procéder au check-in de vos bagages. Une combine également gagnante pour la compagnie aérienne puisqu’elle évite les coûts liés au processus d’enregistrement à l’aéroport. Cet outil n’est certes pas sans rappeler le Hometag lancé auparavant par Lufthansa mais Air France a eu la bonne idée d’y ajouter une autre invention : l’eTrack.

L’eTrack est un petit boîtier à placer à l’intérieur de sa valise. Il est équipé d’un système GPS ainsi que d’une connexion GSM et Bluetooth qui permet de suivre à distance le déplacement de ses bagages sur application smartphone. Les voyageurs savent donc en temps réel où se trouvent leurs affaires et Air France peut localiser rapidement les bagages égarés lors d’un transit. De plus, l’eTrack bénéficie d’une autonomie équivalente à une dizaine de vols environ et se désactive à chaque phase de décollage et d’atterrissage pour ne pas interférer sur les commandes de l’avion. L’appareil est conforme aux normes et à la réglementation sur les transmissions électroniques à bords des avions. Ce dispositif de traçage est actuellement à l’essai chez plusieurs compagnies aériennes et tend aussi à être intégré directement dans la fabrication des bagages. Il devrait progressivement se généraliser et ainsi calmer tous les anxieux effrayés par l’idée de perdre définitivement leur valise.

//

Les passeports dématérialisés

Depuis juillet 2009, tous les passeports délivrés en France sont biométriques. Ils contiennent, grâce à de microcomposants informatiques, toutes les données relatives à l’état civil ainsi qu’une photo d’identité et deux empreintes digitales. Mais nous pourrions bien passer prochainement à la vitesse supérieure avec un passeport 100% dématérialisé. L’idée s’est même déjà concrétisée en Australie. En 2015, lors d’une journée organisée par le Ministère des Affaires étrangères du pays, des hackers ont créé un passeport dont les informations étaient toutes stockées dans le Cloud. Avec lui, il était possible de voyager entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande sans document papier. Une vraie révolution sur laquelle travaillent dorénavant les deux pays pour l’instaurer à grande échelle.

L’avantage d’une telle technologie est double pour les voyageurs. En cas de perte du passeport pendant un voyage, il sera possible de le récupérer sous forme de copie numérique grâce à un smartphone ou un ordinateur. Et les démarches pour obtenir un visa seront facilitées par la transmission plus rapide des données via le Cloud. Fini l’attente interminable et les multiples déplacements au consulat ou à l’ambassade ! Mais avant de rêver il faudra patienter encore un peu : l’expérience n’est encore qu’au stade d’essai.

Les tendances technos du tourisme

La réalité virtuelle

Nous vous en avons déjà longuement parlé dans notre article du tourisme immersif. Grâce aux casques de réalité virtuelle fabriqués par les géants du numérique comme Facebook ou Google, il est devenu possible de s’immerger totalement dans un univers artificiel - au contraire de la réalité augmentée qui fait se superposer des éléments numériques à notre environnement direct. Pour l’instant, seuls les acteurs du jeu vidéo se sont vraiment emparés de cette technologie pour offrir à leurs joueurs des simulations plus vraies que nature. Mais les acteurs du tourisme commencent eux aussi à en saisir l’intérêt.

Dans dix ans, les brochures promotionnelles seront d’ailleurs peut-être devenues complètement has-been ! Imaginez : pour obtenir un avant-goût d’une destination ou d’un hôtel, les consommateurs utiliseront la réalité virtuelle pour s’y projeter directement. La chaîne d’hôtellerie de luxe Mariott a déjà franchi le pas pour une opération de communication et certaines destinations comme l’Australie (par l’intermédiaire de son Office de tourisme publient aussi des vidéos « 360° » à regarder de préférence avec un casque de réalité augmentée. Le résultat est bluffant !

Les applications de voyage « dernière minute »

Le baromètre Odopo 2017, 53% des voyageurs ont utilisé leur tablette ou leur smartphone en 2016 pour préparer leur séjour. Une hausse de 14% par rapport à l’année 2015 et qui vient souligner une nouvelle habitude : celle de planifier ses vacances sur mobile et souvent à la dernière minute. Depuis quelques années déjà, les agences de voyage surfent sur cette tendance en proposant pendant l’été des destinations prisées à prix réduits comme l’Italie ou la Grèce . Idem pour les compagnies de transport, avec leurs sièges inoccupés quelques jours ou heures avant un départ. Mais la vraie nouveauté se situe dans les applications entièrement dédiées à occuper ce créneau de « dernière chance ».

Lancée en décembre 2016, l’appli FLYOFF (créée par deux entrepreneurs français) permet de trouver des billets d’avion à prix très avantageux sept jours avant un départ. Comment ça marche ? L’utilisateur peut regarder des vidéos de destinations et se positionner sur celles qu’il aime en faisant une offre de prix pour s’y rendre. Si un billet correspond à ce prix, alors il reçoit une notification pour confirmer sa réservation. Dans le même registre, les compagnies Uber et Transavia ont dévoilé conjointement l’opération UberEscape en mars dernier. Pendant une semaine, les utilisateurs de l’appli Uber avaient l’occasion de partir à l’improviste pour un séjour de 48h dans une ville européenne desservie par Transavia. Le tout au prix de 70€ l’aller-retour ! Une opération commerciale éphémère mais qui aura tout de même fait le buzz et révélé l’attrait des Français pour les séjours improvisés. Aux dernières nouvelles, ils seraient 68% à se déclarer prêts à partir en vacances sur un coup de tête.

Les tendances technos du tourisme

L’hospitalité digitale

De nouveaux outils numériques font leur apparition pour permettre aux hôteliers d’optimiser leurs services à la clientèle. Prenons la conciergerie par exemple. L’application LoungeUp est un beau couteau suisse 2.0 pour les hôteliers. Outre les conseils de sortie, de restauration ou la possibilité de commander un room service, elle permet aussi de poser des questions aux employés de l’hôtel. Un service multitâche bien pratique pour les professionnels de l’hébergement mais qui ne remplace pas l’intervention de vrais concierges. Et c’est bien le cœur de cette nouvelle technologie : accompagner les hôteliers dans la satisfaction de leurs clients en améliorant la précision et la qualité du service. Un rôle que jouent aussi les réseaux sociaux en fluidifiant les échanges entre l’hôtel et ses clients. Via Facebook, Instagram ou encore Twitter, l’échange d’informations et de commentaires gagne en facilité, à condition de bien savoir s’en servir ! Pour l’occasion, nous vous invitons à relire nos conseils à destination des hôteliers pour bien utiliser les réseaux sociaux.

Enfin sachez que d’autres outils, plus anecdotiques, viennent compléter ces nouvelles technologies de l’hospitalité. A Miami par exemple, l’Intercontinental Hotel a été l’un des premiers à incruster des tablettes tactiles à l’intérieur des tables de son lobby pour que ses clients puissent passer leur commande sans avoir à appeler le serveur. Un gain de temps et d’efficacité, on n’en doute pas, mais peut-être pas le plus nécessaire !