Marqué simultanément par le développement vertigineux du numérique, l’avènement du marketing territorial et les aspirations multiples des voyageurs, le secteur du tourisme connaît de nombreux changements depuis près d’une décennie. Et vous savez quoi ? Sous l’influence croissante des startups, cela ne semble pas près de s’arrêter. Alors sans vouloir jouer les Nostradamus chez Wombee, on a décidé de vous livrer quelques pistes sur le tourisme de demain. Parce qu’avec 2 milliards de touristes attendus à travers le monde en 2030 (contre 1,2 milliards aujourd’hui) il n’est pas trop tard pour tenter d’anticiper ces évolutions… et s’y préparer.

Il y a quelques années encore, quand Internet n’était qu’une succession de pages au design sommaire s’affichant à la vitesse d’un modem 56k, on se présentait à l’agence de voyage du coin pour préparer ses vacances à l’autre bout du monde. On réservait son avion, son hôtel, et on faisait confiance à l’interlocuteur pour que tout se passe sans soucis. Au mieux, on investissait également dans un guide Michelin ou on se fiait aux conseils « du pote d’un pote » qui avait embarqué pour la même destination trois ans plus tôt. En gros, avec seulement un ou deux avis sur le point d’arrivée, le « trip » se faisait un peu à l’aveugle.

Par l’intermédiaire de sites comme Tripadvisor ou via les blogs de voyages, il est désormais possible de « benchmarker » à l’avance son futur séjour. Autrement dit, de recueillir les avis de centaines de touristes, obtenir un comparatif des hôtels et préparer soi-même son itinéraire en conséquence. Les voyages sont, de fait, devenus hyper-personnalisables et adaptables en fonction des envies et des budgets. Et il ne s’agit là que des prémices de cette tendance…

Les algorithmes, nos futurs conseillers découverte

Les algorithmes, nos futurs conseillers découverte

On vous en parlait ici récemment, la guerre du tourisme en ligne se concentre aujourd’hui autour des big data. Avec les centaines de millions de données collectées par les sites de réservation et d’agences de voyage – comme vos préférences en matière de logement, de destination et d’activités -, il devient possible d’anticiper les désirs du voyageur pour, à terme, lui proposer des offres entièrement personnalisées suivant ses goûts. Si pour l’instant le recoupement des données pose encore des difficultés techniques, des startups comme Sepage développent des algorithmes de plus en plus performants pour ce type d’utilisation.

La réalité virtuelle pour « tester » une destination

La réalité virtuelle pour tester une destination

Vous en avez forcément entendu parler : les casques de réalité virtuelle (« VR » pour les initiés) sont enfin accessibles au grand public à des prix très variables - comptez 20€ pour la version de base du Cardboard de Google contre 699€ pour l’Oculus Rift. Mais avant d’imaginer passer une semaine aux pieds des pyramides d’Égypte avec la sensation du sable chaud sous les pieds grâce aux technologies dites « haptiques » (qui permettent de ressentir physiquement une réalité virtuelle), il existe déjà des applications concrètes pour les professionnels du tourisme.

C’est le cas des visites virtuelles sous forme de « teasing » censées donner l’envie de réserver un séjour. Par exemple, l’hôtel Shangri-La de Paris propose d’ores et déjà une visite à 360° de ses murs. Connectez-vous sur le site de l’hôtel, accédez à l’espace « vidéo tour », enfilez votre casque et c’est parti ! Vous voilà propulsé dans l’un des lieux les plus chics de la capitale ! Dans un registre un peu différent, la commune de Saint-Gervais du Mont-Blanc s’est associée à Google pour offrir un avant-goût immersif de l’ascension du Mont-Blanc. De quoi proposer aux spectateurs une expérience plus engageante que quelques photos disséminées sur la toile.

La quête de sensation

Plus que le bonheur de la découverte, c’est la quête de sensations qui motivera également les touristes de demain. A l’heure actuelle, l’agence américaine War Zone Tours propose, moyennant un prix allant de 2000€ à 8000€ la journée, des séjours dans les principales zones de guerre du monde. « Parfois, les gens trouvent que les informations à la télé ou sur Internet ne les rassasient pas, ils veulent aller voir par eux-mêmes une histoire ou une région », se justifiait Rick Sweeney, le directeur de War Zones Tours au magazine Usbek et Rica (n°17).

A l’opposé, on observe l’apparition du « slow travel », motivé par l’envie de voyager pour se détendre, loin des vacances aux agendas saturés de visites et autres activités. L’idée est de prendre son temps, se laisser surprendre, quitte à étirer les vacances. Les imprévus deviennent partie intégrante du séjour. D’ailleurs pas question d’emporter sa garde-robe ou les objets du quotidien quand on passe en mode « slow ». Il faut intégrer l’habit des locaux, conformément à la tendance du « voyager léger ».

Et dans ce cadre, l’hôtel ne devient plus seulement un lieu pour dormir mais une partie intégrante de l’expérience. Ce n’est pas la recherche du confort qui domine, mais le contact avec les habitants sur place. Ces-derniers peuvent d’ailleurs être sollicités pour des temps d’échange ou des gardes d’enfants.

Concentration et déploiement

Concentration et déploiement

En 2020, Dubaï s’attend à recevoir la visite de 20 millions de touristes. Pour répondre à ce flux massif, les responsables locaux mettent au point une véritable cité du divertissement concentrée sur une faible étendue de terre. L’idée ? Que le voyageur trouve tout ce qu’il désire (et plus) sans parcourir des kilomètres une fois descendu de l’avion : hébergement, loisirs en tous genres, télécommunications… A Incheon, en Corée du Sud, une aire de ce type existe déjà avec son parcours de golf – le plus grand du monde ! –, ses boutiques et ses concerts de k-pop à la pelle. De véritables temples de la consommation destinés à rentabiliser au maximum les transits.

Mais les projets mégalos ne se limitent plus à nos frontières terrestres. Sir Richard Branson, PDG de Virgin, ambitionne de proposer des vols touristiques vers l’espace dès l’année prochaine. De son côté, Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, a consacré 500 millions de dollars pour son projet « Blue Origin » avec lequel il espère un jour ouvrir des usines et des hôtels au-delà de la stratosphère. Sauf qu’à environ 200 000€ le ticket, seule une poignée très restreinte d’humains peut espérer s’octroyer prochainement un petit séjour parmi les étoiles…